Cocanhako

 

Cocanha, ce sont trois voix, ancrées, timbrées, touchantes, aux percussions sonnantes et trébuchantes. Avec Toulouse comme point de rencontre, le trio chante haut et fort cette langue occitane du quotidien, véritable terrain de jeu vocal. Les trois musiciennes puisent dans le répertoire traditionnel et s’approprient cette matière sonore vivace. Elles soulignent son caractère à danser et la livrent dans une généreuse polyphonie percussive.
Cette création est le fruit de la rencontre du trio vocal Cocanha avec Julen Achiary, chanteur, improvisateur et percussionniste basque et Fawzi Berger, percussionniste abreuvant cette collaboration d’accents maloya, gnawa, maracatu. S’instaure alors un dialogue des rythmes extrêmement riche qui explore la dimension festive et tribale du répertoire occitan.

Avec la langue occitane comme terrain de jeu vocal, les artistes vous proposent une serenada dans les locaux du COMDT, pour réveiller les archives, écouter et créer des paysages sonores, entonner des chants de carnaval, jouer le charivari et danser le passa-carrèra. La promenade en musique en explorera les recoins, cherchant le son dans les volumes du bâti. Cette expérience élaborée avec l’équipe du centre de documentation du COMDT, sera menée par les musiciens de la création Cocanhako et les élèves du Département des musiques traditionnelles du Conservatoire à Rayonnement Régional de Toulouse. L’équipe, ouverte et amusée, invitera le public au voyage.

Cocanha : Lila Fraysse, voix, mains, pieds et caxixis, Caroline Dufau, voix, tambourins à cordes, mains et pieds, Maud Herrera, voix, mains et pieds
Julen Achiary, voix, daf, kayamb et triangle
Fawzi Berger, voix, tambour alfaia et percussions brésiliennes

Durée : 2h30

Toulousaine d’origine aveyronnaise, Lila Fraysse apprend l’occitan à la Calandreta de la Còsta pavada, et grandit sur la péniche du festival itinérant Convivencia. Plongée dans cet univers musical, elle chante dès son enfance avec sa sœur, puis s’initie à la technique vocale avec Jasmin Martorell, Pierre-Yves Binard et Michèle Zini, ainsi qu’au répertoire brésilien auprès d’Elaine Lopez. Le bonus, c’est sa pratique de la batterie et des claquettes, qui assoit un sens du rythme et une aisance corporelle : un réel atout pour les répertoires traditionnels à danser. Lila Fraysse travaille également comme cadreuse et monteuse auprès de cinéastes pour des projets défendant une ouverture culturelle, plurilingue et alternative. Elle est membre du collectif de création vidéo en occitan Dètz. Elle cofonde le projet Cocanha avec Caroline Dufau, un duo qui devient rapidement un trio, courant 2014.

D’origine franco-vénézuélienne, Maud Herrera est née et a grandi à Paris. Enfant et adolescente, elle pratique l’alto au conservatoire et chante en soliste dans un chœur d’enfant qui fera deux tournées dans les monastères en Grèce. À dix-huit ans, elle se forme en technique vocale auprès de la mezzo-soprano Elsa Maurus. Au bout de cinq années de chant lyrique et après une première année de master de littérature comparée sur l’oralité et la théâtralité de la poésie africaine-américaine féministe des années 1970, Maud Herrera obtient une bourse pour étudier dans une université américaine. Elle y pratique le théâtre collaboratif, le clown théâtral, les polyphonies et chansons médiévales et Renaissances. De retour en France en 2014, elle s’installe à Toulouse, et c’est la découverte du chant pyrénéen qui va cristalliser son intérêt pour les pratiques populaires engagées et ouvertes. En validant une première année d’études pour devenir musicienne intervenante en milieu scolaire, elle rencontre Xavier Vidal et Pascal Caumont. Elle intègre en 2016 la formation Acteur au présent du Théâtre du Ring, prend des cours d’occitan languedocien et de violon traditionnel (à l’alto). Elle rejoint le trio Cocanha à partir d’avril 2017.

Elevée à la culture populaire de Gascogne, Caroline Dufau grandit immergée dans une pratique de la danse et de la musique traditionnelle près de Bayonne. Après un passage en Amérique, elle rencontre Lila Fraysse à Toulouse en 2010 et participe à la création du collectif de vidéo Dètz pendant ses études de communication. Elle découvre l’école des musiques vivaces Music’Halle et suit l’atelier du chanteur beat-boxer Habib Julien. Elle rencontre l’écrivain Alem Surre-Garcia, se perfectionne en langue occitane, découvre les troubadours et devient chanteuse du duo Bal Al Corassan, aux côtés d’Hamid Khezri, barde iranien maître du dôtar. Invitée comme voix occitane par l’ensemble Mosaïca, elle poursuit ce projet croisant les répertoires populaires occitans et maghrébins. Caroline Dufau est aussi conteuse, et a prêté sa voix comme comédienne de doublage en occitan. Courant 2017, elle participe au disque Moko de Djé Balèti, interprète plusieurs chants du lauragais sur l’album Quand la craba crabidarà de Maxence Camelin. Elle cofonde le groupe Cocanha avec Lila Fraysse, Maud Herrera rejoindra le groupe en avril 2017, date à laquelle leur nouvel album i ÈS ? sortira.

Le chemin de Julen Achiary n’est pas celui d’une musique figée et exclusive mais au contraire celui d’une musique d’ouverture, de rencontre et de transmission. Il se forme auprès de chanteurs souletins qui lui transmettent l’amour du chant et des basa ahaide.
Le Pays Basque lui donne l’amour de la danse, de la musique, du chant et l’ouvre au monde. Il participe à des festivals à Uzeste, Itxassou et très vite au Congo et en Turquie, où il tisse des liens entre les musiques d’Anatolie et des Arbailles souletines.
Par tous les héritages qui sont les siens, Julen Achiary exprime sa personnalité musicale par une recherche permanente des sons et des rythmes. Il rayonne alors dans la joie du partage du chant qui le traverse et qu’il donne.

Fawzi Berger étudie la batterie à l’école Dante Agostini à Paris et poursuit des études de percussions classiques au Conservatoire de Nantes. En 2001, il obtient une médaille d’or puis un premier prix d’Excellence de l’école Dante Agostini. Il créera et participera à plusieurs projets comme Zahia (jazz oriental improvisé), Unika Orkestra (univers de la fusion balkanique). Il intervient en tant que musicien chercheur dans le Nordeste du Brésil depuis 15 ans et crée un orchestre de bal brésilien Forro da Lua. En 2003, il devient artiste associé et intègre à l’année les travaux de la Cie Lubat. Nord, Sud, Est, Ouest, ses commencements viennent de partout.

 
 Informations
Tarifs : 13/8/5 €
Réservations auprès du COMDT au 05 34 51 28 38
Billetterie ouverte à partir du lundi 12 février 2018.