L’esprit de Grenade – Chants et Musiques de l’Andalousie médiévale

 

L’Esprit de Grenade, entre Romances Séfarades, Chants Arabo-andalous et Cantigas de Santa-Maria, c’est un peu l’histoire d’Al-Andalus, ce royaume arabe d’Espagne qui brilla de tous ses feux entre le VIIIe siècle (les Arabes conquirent une grande partie de l’Espagne en 711) et le XVe siècle, date de la chute de Grenade (1492) marquant l’achèvement de la Reconquista chrétienne. Véritable cœur battant de ce royaume, la ville de Grenade était l’une des plus importantes d’Occident, rivalisant avec Bagdad. Cette cité andalouse fut le centre d’une civilisation raffinée qui intégra les apports de tous les peuples autochtones (juifs, chrétiens, musulmans) dans un esprit de convivencia. D’essence d’abord populaire et savante, ces chants et musiques de l’Andalousie médiévale sont nés du triple héritage de la musique chrétienne ibérique, de la lyrique judéo-espagnole et de la tradition arabe transmise au IXe siècle par le fameux musicien et théoricien Zyriab venu de Bagdad, alors capitale du royaume de la dynastie des Abbassides. En 1492, le décret d’expulsion émis à l’encontre des populations arabes et juives par les rois catholiques d’Espagne (Isabelle de Castille et Ferdinand II d’Aragon) mit brutalement fin à cette cohabitation.
Les Juifs espagnols se réfugièrent alors dans les pays du bassin méditerranéen et dans l’Ex-Empire Ottoman, tout en conservant leur langue dérivée du vieux castillan et de l’hébreu. Ce sentiment d’un « paradis perdu » imprègne les romances en hébreu et judéo-espagnol des Juifs chassés d’Espagne. Les Cantigas de Santa-Maria, compilées par le monarque éclairé Alfonso X de Castille, ainsi que les chants séfarades et arabo-andalous nous ramènent à cette époque de créativité interculturelle, génératrice de paix et d’ouverture à l’autre. Avec L’Esprit de Grenade, Françoise Atlan tisse une broderie poétique et musicale mêlant cultures arabe, hébraïque, castillane et judéo-espagnole à travers chants de noces, berceuses, chants d’amour mystiques et profanes, résolument méditerranéens. Revisité par la chanteuse, dont la voix irradiante est enveloppée par le jeu raffiné du qanûn de Nidhal Jaoua, ce répertoire d’un raffinement extrême nous plonge, le temps d’un concert, dans l’univers poétique et musical unique de l’Espagne des Trois Cultures. L’originalité de cette nouvelle formation réside dans le choix du qanûn qui se prête à merveille à ce répertoire dont Françoise Atlan est l’une des plus prestigieuses interprètes. En effet, la sonorité de cet instrument à cordes pincées dont l’origine remonte au Xe siècle, sublimée par la délicatesse du jeu de Nidhal Jaoua, offre une grande expressivité et une grande liberté à son chant.

Françoise Atlan, chant et percussions, Nidhal Jaoua, qanûn

Françoise Atlan, invitée des scènes majeures internationales telles que le Carnegie Hall à New-York, le Royal Albert Hall à Londres, le Library of Congress à Washington, le Festival International de Mexico, le Théâtre de la Monnaie de Bruxelles ou encore le Festival des Musiques Sacrées de Fès, a enregistré plusieurs disques primés par la critique – Diapason d’Or, Choc du Monde de La Musique, FFFF Télérama, Coup de cœur de l’Académie Charles Cros… Artiste à la double culture, dotée d’une expression vocale, d’un style et d’une technique uniques en leur genre, ses racines judéo-berbères l’ont amenée tout naturellement à se passionner pour le patrimoine vocal méditerranéen, en particulier les traditions judéo-espagnole et judéo-arabe, tout en poursuivant sa carrière de chanteuse lyrique. Agrégée de musicologie de l’université d’Aix-en-Provence, elle a obtenu les prix de piano et de musique de chambre du conservatoire de cette même ville. Élève d’Andréa Guiot (inoubliable Micaela auprès de la Carmen de Maria Callas), lauréate du Prix Villa Médicis Hors-Les-Murs pour le collectage de la tradition musicale et poétique de la ville de Fès au Maroc et du Prix Fondation Caisse d’Epargne Meilleure Artiste Musique du Monde, elle donne régulièrement des master-classes de chant à Genève, Montréal, Bruxelles ou Bâle. Parallèlement à sa carrière de chanteuse, elle assure la direction artistique du Festival des Andalousies Atlantiques d’Essaouira (Maroc). En janvier 2014, Françoise Atlan a créé à Marseille la Compagnie Yemaya dont elle est la directrice artistique. En 2014, elle s’est produite entre autres au Théâtre de La Ville à Paris, au Festival Radio France Montpellier, au festival d’Art lyrique d’Aix-en-Provence et a chanté en 2015 sous la direction de Kent Nagano accompagnée par l’Orchestre Symphonique de Montréal.

Nidhal Jaoua est diplômé de musique arabe et de qanûn au Conservatoire National de Musique de Tunis. Il a beaucoup été influencé par la musique turque et les nouvelles techniques de qanûn en Turquie. En s’inscrivant à l’Institut Supérieur de Musique de Tunis, il découvre le monde du jazz et débute sa carrière instrumentale dans le domaine des musiques du monde. Il a accompagné beaucoup de chanteurs arabes tels Heni Chaker, Wael Jassar, Rami Ayech… Il a participé à des master-classes de jazz, notamment au Centre des Musiques Arabes et Méditerranéennes (CMAM) du baron Rodolphe d’Erlanger (Tunis) avec des grands jazzmen belges tels Pierre Vaiana, Pirly Zurstrassen, Alain Pierre… Il a perfectionné sa technique instrumentale avec les grands noms du qanûn turques tels Muslum Karaduman, et deux des plus célèbres joueurs du qanûn du monde : Halil Karaduman et Gokçel Baktagir. Il a participé à une série de concerts en Belgique avec le projet Al Funduq, réalisé avec le soutien de la fondation méditerranéenne Anna Lindt pour le dialogue entre les cultures. Actuellement, il est membre du groupe Tunisien Jazzoil. Sa profonde connaissance de la musique arabe et des modes orientaux se prête à merveille au chant de Françoise Atlan

© Alexandre Chevillard

 
 Informations
Tarifs : 13/8/5 €
Réservations auprès du COMDT au 05 34 51 28 38

Samedi 20 et dimanche 21 janvier, Françoise Atlan proposera un stage de chants séfarades.

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