Mathilde Lalle Briand est directrice du COMDT depuis le 1er juillet 2026.

Elle dirige des structures culturelles et socioculturelles depuis une quinzaine d’années. Titulaire d’un Master de cheffe de projets artistiques, elle a exercé dans les milieux culturels et de l’éducation populaire toulousains — production, diffusion et médiation, direction d’équipes, responsabilité de formations professionnelles — avant de fonder et de diriger pendant six ans la Compagnie Uèi, dont elle a assuré la direction artistique, pédagogique et administrative. Aucune des structures qu’elle a dirigées n’a rendu de bilan négatif.

Avec la Compagnie Uèi, elle a mené de 2022 à 2026 une résidence de territoire dans le quartier des Pradettes à Toulouse : plus de cinquante collectages auprès des habitant·es, des concerts hebdomadaires en bas d’immeuble, la co-création de l’Orchestre Populaire des Pradettes, la fondation du Chœur d’Uèi et le lancement de cantadas mensuelles dans un café du quartier. Un travail de terrain qui articule patrimoine oral, quartiers populaires et ruralité.

Mathilde connaît cette maison depuis vingt et un ans. Elle y est entrée pour apprendre la boha auprès de Bernard Desblancs, y a appris les danses puis le chant et les polyphonies pyrénéennes, y a découvert les cantèras, a participé pendant quinze ans au Groupe de Musique de Rue et a représenté les adhérent·es. C’est ici qu’elle a pris conscience de sa propre culture occitane, décidé de réapprendre la langue et de la transmettre à sa fille. C’est ici, enfin, qu’elle a obtenu en 2021 son DEM de Musiques Traditionnelles — Chant Occitan avec Pascal Caumont, au terme d’une recherche sur les pratiques et les fonctions du chant à Toulouse du Moyen Âge à nos jours.

Chanteuse professionnelle et sonneuse de boha, spécialiste des chants traditionnels de l’aire culturelle occitane, elle chante depuis 2017 avec PLATANE, a créé en 2021 le duo Perdigòla avec Cinzia Minotti et en 2023 le groupe Mar Nòstra, dont le spectacle Notre Mer Nos Musiques la fait chanter en plus de dix langues méditerranéennes. Elle a rejoint en 2025 le duo Autan, qui associe chansons traditionnelles occitanes et orgue. En 2024, l’Académie d’Occitanie lui a décerné le Prix des Traditions Populaires.

Elle a pris la direction du COMDT le 1er juillet 2026, succédant à Maïlis Bonnecase, à qui l’on doit notamment la co-création du département de Musiques Traditionnelles avec le Conservatoire à Rayonnement Régional et de nombreux projets de valorisation menés en région.

Sa note d’intention pour le COMDT

«  Imaginez un lieu incontournable à Toulouse, rayonnant dans le département et en Occitanie (et même à l’échelle nationale et européenne via son rôle central au sein de la FAMDT), dont l’existence ne sera jamais remise en question, où les musiques et les danses traditionnelles vivent, où les fonds du centre de documentation et les instruments fabriqués dans l’atelier de lutherie sont transmis, où l’on peut évoluer de la découverte d’un concert ou d’un moment convivial vers l’apprentissage amateur d’un instrument, du chant ou de la danse puis vers la formation professionnelle, qui permet de créer avec cette matière et de devenir transmetteur à son tour – du répertoire, mais aussi des fonctions des musiques traditionnelles et de leur puissance sociale, afin que les générations futures s’en saisissent.
Je souhaite que ce lieu soit repéré par les jeunes, qu’il soit convivial, qu’on puisse y entendre l’occitan et y trouver des informations sur les partenaires qui enseignent la langue, qu’on puisse y prendre un café en écoutant de la musique occitane, qu’on puisse s’y mettre à chanter spontanément. Je souhaite qu’on y forme les musicien.nes et les danseur.ses qui seront les artistes, enseignant.e.s et médiateur.ices culturel.le.s de demain. Celles et ceux qui feront vivre les traditions du futur.
Je veux que ce lieu soit un vivier et qu’il soit fréquenté par tous types de publics, avec une offre de tarif proportionnelles aux revenus. Je souhaite qu’il soit ancré dans le quartier des Carmes, notamment via le projet de bar associatif, de cantades, de sessions et de bals mensuels. Je souhaite aussi réaffirmer un rôle pivot en tant que centre en région (CMT) avec à court terme un travail autour de la communication au service du réseau associatif régional et à moyen terme l’ambition de participer activement à nouer le dialogue entre les zones urbaines et les ruralités.
C’est ce que j’impulserai en tant que directrice du COMDT parce que cela me semble fondamental pour la culture occitane et le partage intergénérationnel, interculturel et inter social aujourd’hui.«