Le COMDT dispose d’un atelier de facture instrumentale unique, spécialisé dans la lutherie tournée d’instruments de musique traditionnelle à vent : hautbois et cornemuses.

Le facteur d’instruments, Pascal Petitprez réalise au quotidien des aboès (hautbois du Couserans), des hautbois de Vailhourles (Rouergue) et des bohas (cornemuse des landes de Gascogne).

Tous ces instruments sont fabriqués sur commande et alimentent également un parc de location pour les particuliers mais également pour des associations qui organisent des cours ou des stages.

Outre la fabrication des instruments et des accessoires, Pascal Petitprez en assure également la réparation, la maintenance et le réglage. Il est présent dans différents salons spécialisés dans la lutherie traditionnelle et participe également aux activités d’éducation artistique et culturelle de l’établissement. Une fois par an, l’atelier ouvre ses portes au public à l’occasion de la Journée portes ouvertes du COMDT (Journées européennes du patrimoine). 

 

Pour en savoir plus sur l’atelier et les techniques de fabrication des instruments, découvrez le film Les artisans de la musique – Fabriquer des cornemuses et des hautbois aujourd’hui :

Réalisé en 2019 par Mukaddas Mijit, ethnomusicologue et vidéaste, on y retrouve Pascal Petitprez, facteur d’instruments du COMDT dans l’élaboration technique de cornemuses et de hautbois. Témoignent aussi les fondateurs de l’atelier, des chercheurs, des enseignants et des musiciens du COMDT ; ils apportent leurs regards sur l’histoire de l’atelier et le travail de recherche, de techniques et de savoir-faire propre à ces instruments traditionnels.

 

Film réalisé avec le soutien de la région Occitanie Pyrénées – Méditerranée et la DRAC Occitanie.

Aboès, hautbois du Couserans

  • Tonalité Ré
  • Gamme entièrement chromatique par doigté en fourche sans sensible grave
  • Fabrication en buis avec bagues en corne

Hautbois de Vailhourles

  • Tonalité Sol
  • Gamme entièrement chromatique par doigté en fourche avec sensible grave
  • Fabrication en buis avec bagues en corne
 
Exemples de réalisations de hautbois

       

Boha, cornemuse des landes de Gascogne

  • Tonalité Ut, Si♭, La ou Sol + copies de modèles anciens
  • Gamme diatonique
  • Fabrication en buis, embout de porte-vent en corne, chaînette en argent
  • Fabrication traditionnelle à six trous mélodiques ou, sur demande, fabrication modernisée à sept trous mélodiques

Boha non décorée

  • Poche Windtex ou en cuir
  • Fond ligaturé

Boha décorée

  •  Poche en peau de chèvre, roue sculptée de fond de poche
  • Souches incrustées d’étain, sculptures à l’entaille sur les parties en bois

Un dossier thématique est disponible sur le portail documentaire du centre de documentation, à retrouver ici


Exemples de reproductions de bohas anciennes

       


Exemples de réalisation de bohas avec décorations standard

         


Exemples de réalisation de bohas avec décorations personnalisées

                             

Renseignements et commandes : 05 34 51 28 38 / contact@comdt.org

Désignation Montant fabrication (en €) Délais de livraison Montant location par trimestre (en €)
Aboès, hautbois du Couserans* 600 6 mois 70/55**
Anche adaptée 15    
Anche juste montée 6    
Hautbois de Vailhourles* 460 6 mois 70/55**
Boha décorée et personnalisée 965 12 mois  
Boha décorée (standard) 865 12 mois  
Boha non décorée, avec poche en cuir 665 12 mois 70/55**
Boha non décorée, avec poche Windtex 620 12 mois 70/55**
Poche en cuir 170    
Poche Windtex 120    
Roue sculptée 65    
Souche de pihet décorée 130    
Porte-vent, bohet décoré 130    
Souche de pihet non décorée 65    
Porte-vent, bohet non décoré 65    
Pied pihet décoré 470    
Pied pihet non décoré 360    
Réparation, montage, étanchéité de la poche 50    
Jeu d’anches supplémentaire 50    
Anche mélodique sur support plexis 30    
Anche bourdon sur support plexis 20    
Support plexis pour anche simple 15    
Clapets caoutchouc (5 pièces) 2    
Réparations diverses : main d’œuvre + matériaux éventuels sur devis    

+ frais de port

* livré avec deux anches

** tarif élèves du COMDT

Renseignements et commandes : 05 34 51 28 38 / contact@comdt.org

Les Pays d’Oc, au carrefour de plusieurs grandes traditions musicales, possèdent une musique traditionnelle riche et de très nombreux instruments de musique, parmi lesquels tous les grands principes organologiques sont présents. On y trouve les instruments à vent (aérophones) : hautbois, cornemuses, clarinettes, flûtes à bec, flûtes traversières (fifres), flûtes de Pan, sifflets, accordéons ; les instruments à cordes (cordophones) : violons, violons-sabots, vielles à roue, tambourins à cordes ; les percussions (membranophones) : tambours, tambourins ; les autres instruments de toutes sortes (idiophones) : claquoirs, cloches, sonnailles, hochets, guimbardes, crécelles, etc. Suivant un processus constaté dans la plupart des régions d’Europe occidentale, un certain nombre de traditions musicales ont très fortement décliné et parfois disparu, pour certaines dès le XIXème siècle, pour les autres après la Seconde Guerre Mondiale, voire la première.

Le Conservatoire Occitan, aujourd’hui appelé Centre Occitan des Musiques et Danses Traditionnelles (COMDT), fondé en 1970 et relayé plus tard par d’autres associations et acteurs, a mené une recherche très approfondie sur ces traditions instrumentales, puisque la plupart ont été redécouvertes. Mais, en même temps que l’on tentait de recueillir le maximum d’informations sur ces traditions (qui étaient les musiciens ? comment jouaient-ils ? dans quelles circonstances ? comment apprenaient-ils ces répertoires ? quel était leur statut social ? qui fabriquait leurs instruments ?, etc.), il fallait étudier les instruments retrouvés.

Or, les instruments à vent (hautbois, clarinettes, cornemuses et flûtes) découverts au cours de ces recherches n’étaient plus en état de jeu. Abîmés par le temps, parfois fendus, tordus, sans anches, ils ne pouvaient livrer le secret de leur son… C’est pourquoi le Conservatoire Occitan a décidé de les reproduire fidèlement. Pour cela, il s’est doté, dès 1975, d’un atelier de facture instrumentale, fondé par Claude Romero et Bernard Desblancs aujourd’hui relayés par Pascal Petitprez, spécialisé dans la lutherie tournée des instruments de musique traditionnelle à vent : hautbois et cornemuses. Après plusieurs années d’étude, de reconstitution et de mise au point, les instruments ont été proposés en parfait état de marche au public en région et au-delà. Le bilan de cette recherche est aujourd’hui probant : la plupart des instruments étaient totalement inconnus au début des années 1970 (c’est le cas, par exemple, de la cornemuse des landes de Gascogne, la boha, de la cornemuse languedocienne, la bodega, ou de la plupart des hautbois traditionnels).

Plus qu’une simple reconstitution, ces divers instruments ont été au centre d’une action importante de réhabilitation, de restitution et d’enseignement et ont pu être réimplantés dans la vie musicale et culturelle locale. Pour s’en donner une idée plus précise, et en prenant l’exemple de la boha, (re)devenue un instrument emblématique de la Gascogne, c’est plus de trois cent exemplaires qui ont été fabriqués depuis la création de l’atelier de facture instrumentale du COMDT et sont maintenant joués, alors qu’il y a cinquante ans cet instrument était porté disparu !

Aujourd’hui, l’atelier de facture instrumentale du COMDT continue de collaborer à des actions de recherche organologique ou musicologique. Il a notamment participé ces dernières années à un travail sur la bodega ou craba (cornemuse de la Montagne Noire) avec plusieurs structures de Midi-Pyrénées et de Languedoc-Roussillon, sur le hautbois de Vailhourles avec la publication de plans (Amboesa, répertoire pour hautbois populaire de type Vailhourles et tambour, AMTPQ et La Granja) et a contribué à l’élaboration d’une méthode sur la boha pilotée par les Bohaires de Gasconha.

De 2011 à 2014, l’atelier de facture instrumentale du COMDT a participé à la réalisation d’une anthologie de l’aboès (hautbois du Couserans). Cet ouvrage est un aboutissement collectif de recherche et de médiation initié par l’Agence de Développement de l’Economie Culturelle du Couserans, en collaboration étroite avec luthiers, chercheurs et musiciens. Ce projet est né du besoin d’un travail coordonné de description organologique, historique, ethnomusicologique et artistique de cet instrument pour lui donner une nouvelle vie dans son environnement culturel. En plus des deux modèles déjà connus et fabriqués, ce sont trois nouveaux spécimens qui ont été reconstitués et qui sont aujourd’hui fabriqués par l’atelier.

En 2017, un hautbois de type graile des Monts de Lacaune et du Sidobre, retrouvé en 1984 par Luc-Charles Dominique, musicien et chercheur, mesuré ensuite par Bernard Desblancs, ancien facteur d’instruments du COMDT, a été reconstitué par Pascal Petitprez. Il fait aujourd’hui partie des instruments proposés à la vente.